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Aux responsables de payer Imprimer Envoyer
Samedi, 03 Janvier 2009 10:58

Faurecia, ArcelorMittal, Peugeot, Amora, Sony, Bata, Camif, La Redoute, Sanofi, et bien d’autres qu’il est impossible de citer tous… Plans de licenciements et fermetures d’usines sont annoncés en cascade, après le renvoi, sans bruit, de plusieurs milliers d’intérimaires. On prévoit déjà 214 000 suppressions d’emplois au cours des six prochains mois, et 361 000 sur l’année 2009. Des centaines de milliers de salariés, mis en chômage partiel, subissent en outre d’énormes pertes de salaire.

Sarkozy et ses ministres, loin de remédier de quelque façon à cette catastrophe, ouvrent largement les caisses de l’État à ceux-là mêmes qui sont responsables de la crise, les gros actionnaires du CAC 40, dont les profits ont frôlé, l’an dernier, les 100 milliards de bénéfices. Après avoir renfloué les banques à coups de dizaines de milliards, sans pour autant être capables de juguler une crise financière contre laquelle ils sont impuissants, ils ont adopté, en Conseil des ministres, un « plan de relance » de 26 milliards d’euros, dont 800 millions d’euros seulement seront consacrés aux travailleurs pauvres, qui recevront en avril la somme dérisoire de 200 euros.

Prime à la casse de 1 000 euros pour Renault et PSA, rachat de milliers de logements aux constructeurs immobiliers, remboursement accéléré des crédits impôts recherche, augmentation de l’allocation que l’État verse au patronat pour l’aider à payer les indemnités de chômage technique : autant de mesures destinées avant tout aux trusts, alors même que ces derniers accentuent leur offensive contre le monde du travail, licencient, restructurent leurs entreprises, concentrent leurs capitaux.

Au point que le déficit de l’État prévu en 2009 explose. Le ministre du Budget, Éric Woerth, l’avait annoncé à 52,1 milliards d’euros en septembre dernier. Il le prévoit aujourd’hui à près de 80 milliards. Un véritable gouffre, que le gouvernement va vouloir faire payer aux couches populaires par une diminution catastrophique de toutes les dépenses utiles à la collectivité.

Les classes dirigeantes et leurs gouvernements n’ont aucune solution à la crise, dont l’ampleur et les conséquences sont loin de s’être encore entièrement révélées. Incapables de résoudre seulement leurs propres problèmes, ils n’ont qu’une seule politique, faire payer cette crise à ceux qui sont déjà victimes de leur politique destructrice. Leur incapacité à répondre aux besoins de la population s’étale au grand jour, tandis qu’apparaît leur véritable préoccupation : maintenir leur domination, leurs profits, leurs privilèges, quoi qu’il en coûte de souffrances, de détresse, de vies brisées.

De là, un mécontentement et une colère dont le gouvernement est tellement conscient qu’il a préféré reculer sur la contre-réforme des lycées, sans pour autant réussir à stopper la mobilisation des lycéens et des étudiants, qui ont été près de 160 000 à manifester, jeudi 18 décembre. Oui, c’est bien un mouvement d’ensemble de toute la population, de la jeunesse, qu’il s’agit de préparer. Pour imposer les mesures d’urgence seules à même de répondre aux besoins du plus grand nombre : l’interdiction des licenciements, la création massive d’emplois dans la fonction publique et la répartition du travail entre tous en diminuant le temps de travail de façon à embaucher tous les chômeurs ; l’augmentation générale des salaires, des minima sociaux et des retraites et un salaire minimum, pour toutes et tous, de 1 500 euros net par mois.

Les richesses existent, elles sont dilapidées par une infime minorité qui les a accaparées à la faveur d’un système injuste et dépassé. Les travailleurs, la population, tous ceux qui les produisent ont toute légitimité pour en prendre le contrôle, centraliser en un seul organisme public de crédit toutes les banques et sociétés de finance, orienter l’économie vers la satisfaction de leurs besoins. Il peut sembler que le mouvement ouvrier, le mouvement social pris au sens large du terme, soit bien loin de cette perspective, tant ses directions traditionnelles, syndicales et politiques, engagées dans une complicité de fait avec le pouvoir, se montrent incapables d’organiser la lutte d’ensemble nécessaire. Tant également, en l’absence d’une telle perspective, les travailleurs éprouvent de difficultés à établir leur jonction quand ils sont en lutte dans leurs entreprises, voire se sentent isolés et impuissants.

Mais c’est sans compter avec la révolte et l’audace dont font preuve les jeunes des lycées, ni avec les efforts entrepris par les enseignants du primaire et les parents d’élèves pour construire, démocratiquement, un mouvement dépassant le seul enjeu de l’école. Le jeudi 29 janvier, date à laquelle les syndicats appellent à une grève interprofessionnelle, pourrait être, pour toutes ces raisons, une journée décisive dont nous avons tout intérêt à assurer le succès. Non pas comme celui d’une de ces sempiternelles journées d’action sans lendemain, mais comme objectif et point de départ du rassemblement le plus large, construit démocratiquement et à la base, pour faire payer la crise à ceux qui en sont responsables.

Article publié dans Rouge n°2280 le 25/12/08
 
Défendons La Poste Imprimer Envoyer
Lundi, 29 Décembre 2008 18:56

Sans surprise, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de changer le statut de La Poste, avant la fin de l’année 2009. Pour tenter de rassurer postiers et usagers, il déclare que seuls des capitaux publics entreront dans le capital de La Poste SA (1,5 milliard de la Caisse des dépôts et consignations et 1,2 milliard de l’État). Tout cela, pour annoncer que La Poste n’est pas privatisée et qu’elle reste 100 % publique...

De toute manière, il aurait été pour le moins périlleux d’introduire l’entreprise en Bourse dans la période actuelle. Mais il est évident que la garantie de conserver le caractère public n’est qu’une arnaque grossière, dans l’attente d’un environnement financier plus propice aux spéculateurs. Aujourd’hui, il s’agit de faire sauter le verrou du statut afin de permettre, demain, l’aventure boursière. Cela ressemble d’ailleurs au stratagème utilisé pour France Telecom : changement de statut en 1996, introduction en Bourse en 1997.

Il est de plus en plus évident que la décision de Sarkozy relève du dogmatisme. Ainsi, la raison qu’il a invoquée pour justifier sa décision concerne l’endettement de l’établissement public, qui serait une des postes les plus endettées au monde. Or, cette affirmation est fausse !

En fait, pour Sarko, il s’agit de dramatiser la situation pour faire gober n’importe quoi, telle l’idée qu’il serait nécessaire d’être une société anonyme pour bénéficier de fonds publics ! C’est sans doute une autre escroquerie majeure de son projet. Si l’État compensait convenablement les missions de service public assurées par La Poste, la Commission européenne n’aurait pas son mot à dire. Ce ne sera sûrement pas le cas de la capitalisation par de l’argent public. Une bonne occasion, pour le gouvernement, de se dédouaner et de faire porter le chapeau à l’Europe, comme il l’a déjà fait avec le Livret A. Ce projet n’a d’autre but que de liquider le service public postal et de faire cadeau des secteurs rentables de l’entreprise aux spéculateurs. Cela n’a rien d’original, c’est la politique administrée à tous les services publics. C’est la raison pour laquelle il sera indispensable de réussir le 29 janvier à La Poste, étape indispensable à la poursuite et à l’amplification de la mobilisation des postiers et des usagers.

Article publié dans Rouge n°2280 le 25/12/08
 
Ils prennent peur... Imprimer Envoyer
Vendredi, 19 Décembre 2008 13:57

« Les Français peuvent renverser le pays. Regardez ce qui se passe en Grèce », aurait déclaré Sarkozy, mercredi 10 décembre, lors d’un déjeuner avec les députés UMP à l’Élysée, d’après Le Figaro, dont la rédaction est sans doute agitée par les mêmes craintes.

À l’heure où ces lignes sont écrites, les mobilisations de la jeunesse se poursuivent en Grèce. Leur force ne s’est pas démentie depuis le 6 décembre, date de l’assassinat d’un jeune de 15 ans, Alexis Grigoropoulos, par un officier de police, à Athènes. Leurs racines sont profondes. Il y a bien sûr l’accumulation de forces permise par un mouvement étudiant et lycéen qui se développe depuis plusieurs mois, contre la marchandisation du système éducatif. Mais la mobilisation est aussi liée au contexte social global que connaît la Grèce, à la politique d’austérité menée par le gouvernement de « centre droit », aux scandales de corruption, au chômage élevé, notamment chez les jeunes (23 %), à la précarité, tout cela fortement aggravé par la crise économique.

Dans ce contexte, mercredi 10 décembre, la journée de grève générale a été bien suivie, et la convergence avec les mobilisations des jeunes s’est réalisée naturellement, avec, entre autres slogans : « Des cadeaux aux banques, mais des balles contre la jeunesse : l’heure est venue de prendre nos affaires en main ! » En France et ailleurs, les médias veulent convaincre qu’il ne s’agit que d’explosions de violence, d’émeutes, causant des dégradations inquiétantes et résultant du « malaise d’une génération ». C’est semble-t-il aussi l’opinion de Daniel Cohn-Bendit, qui considère que les jeunes « ont raison de se révolter s’ils en ont ras-le-bol », mais qui refuse de les soutenir et renvoie les événements à des spécificités grecques, refusant volontairement la comparaison avec la situation française.

Mais c’est passer à côté de la réalité que Sarkozy a bien comprise : il s’agit de la première explosion sociale européenne face au libéralisme et face à la crise. Et un scénario comparable est envisageable dans toute une série de pays européens. Le chef de l’État n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter : au Parti socialiste, Laurent Fabius a déclaré que « ce qu’on voit en Grèce n’est pas du tout malheureusement hors du champ de ce qui peut arriver en France », tandis que Julien Dray estime que « le syndrome grec menace l’ensemble des pays aujourd’hui ». En Grèce même, les violences servent de prétexte aux partis de l’opposition institutionnelle pour refuser de soutenir le mouvement, convaincus qu’en dernière instance, c’est la stabilité du système qu’il faut sauver. La poursuite du mouvement, dans un tel contexte, est d’ailleurs un signe de sa profondeur, puisque le gouvernement grec se trouve très fortement déstabilisé par un mouvement indépendant des principaux prétendants à l’alternance.

Nous n’avons pas de telles préventions : nous affirmons notre entière solidarité avec les mobilisations en cours en Grèce et, il faut bien le dire, nous ne craignons pas, comme tant d’autres, la contagion, nous la souhaitons, de même que nous souhaitons, en Grèce et ailleurs, l’articulation entre les luttes de la jeunesse et celles des salariés.

Nouvel effet de la crise économique dont les dangers, pour l’équipe au pouvoir, sont rendus plus visibles par la lutte en Grèce, l’impressionnante volte-face du ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, qui avait pourtant construit son image sur une accumulation de provocations, leur nombre étant d’ordinaire proportionnel au degré de mobilisation des élèves et des personnels. Mais l’appareil d’État s’est visiblement fait pressant : il est urgent de déminer le terrain, alors tant pis pour l’image de Darcos, et tant pis si ce recul est un encouragement pour les luttes. Car il faut désormais pousser l’avantage, après le report de la contre-réforme des lycées, il faut obtenir son retrait, ainsi que l’annulation des 13 500 suppressions de postes, dont celles des enseignants spécialisés dans la difficulté scolaire (Rased), et, plus généralement, comme en Grèce, en Espagne, en Italie, la victoire du mouvement social en germe en défense du service public d’éducation, attaqué de la maternelle à l’université.

Lycéens et lycéennes déjà en lutte ou sur le point d’y entrer, enseignant et enseignantes du primaire, et parents d’élèves qui multiplient les actions dans et autour des écoles, personnels massivement mobilisés le 20 novembre : il faut poursuivre la mobilisation. Avant le début de « la crise grecque », Sarkozy aurait fait part de ses craintes à ses proches, lors d’une réunion consacrée à la conjoncture économique : « Nous allons vers une série d’affrontements sociaux, voire vers un affrontement social. Alors là, il faudra trancher : on fera du Chirac (capituler à la première manif) ou du Thatcher (résister) ? » Visiblement, Monsieur le président, vous avez eu un doute soudain sur la réponse...

Article publié dans Rouge n°2279 le 11/12/08
 
Opposer une autre logique Imprimer Envoyer
Vendredi, 05 Décembre 2008 17:24

La presse s’en est largement fait l’écho : la semaine dernière fut une semaine noire pour l’emploi en France. En réalité, les différentes annonces et leur ampleur constituent surtout le révélateur de la profondeur de la crise, à un niveau que, ni le gouvernement, ni les commentateurs n’avaient vraisemblablement anticipé. Les annonces de plans de licenciements, de chômage partiel se sont succédé à un rythme effréné, l’automobile demeurant, pour le moment, avec l’immobilier, le principal secteur sinistré. Les chiffres du chômage officiel sont venus noircir encore le tableau, avec le franchissement symbolique de la barre des 2 millions de demandeurs d’emplois, très largement sous estimée, on le sait. L’offensive est donc lancée : pour celles et ceux qui en doutaient, les choses sont claires, c’est aux salariés qu’on veut faire payer la crise.

Dans ce contexte, les discours sur la relance viennent à point nommé pour tenter de redonner une légitimité aux dirigeants affaiblis par la tourmente. Mais il ne s’agit, pour l’essentiel, que d’un habillage : la logique reste le renflouement du système financier. C’est ce à quoi s’emploient les autorités américaines, jour après jour. C’est donc une curieuse conception de la relance, dans le droit fil des plans de sauvetage qui l’ont précédée. Dans sa mise en œuvre, il n’est que marginalement question de relancer la consommation, l’essentiel étant de soutenir directement l’activité des entreprises par des mesures dont l’objectif avoué est l’efficacité immédiate. En cela, c’est une politique à courte vue, censée rassurer les boursiers, qui ne peut en rien résoudre la crise, puisqu’elle renforce encore, au détriment des salariés, le déséquilibre entre capital et travail qui est à l’origine de la crise.

L’Union européenne a lancé son propre plan, dont les mesures phares ont été annoncées la semaine dernière. Outre qu’il est animé par la même logique, il souffre de faiblesses, y compris du point de vue des capitalistes. 200 milliards d’euros, 1,5 % du PIB européen, voilà pour l’affichage. Mais, en réalité, il s’agit de l’addition des « plans de relance » déjà adoptés par les différents États, ou sur le point de l’être. Cela signifie d’abord que le financement reposera, en très grande partie, sur les États eux-mêmes, puisque seuls 5 milliards d’euros seront pris sur le budget de l’Union européenne. Mais cela signifie surtout qu’en fait de politique cohérente et unifiée, nous n’avons que des propositions de politiques concertées qui tiennent lieu d’habillage.

L’augmentation temporaire des allocations chômage, l’accroissement des transferts sociaux, l’abaissement de la taxation sur les bas revenus, la diminution de la TVA : autant de déclarations de principes pour épater la galerie. Dans les faits, les États mènent des politiques différentes, conformes aux divergences d’intérêts qui les opposent et aux enjeux de politique intérieure qui leur sont propres. La France et l’Allemagne ont clairement indiqué qu’il n’y aurait pas de baisse de la TVA, puisque la consommation, comme chacun sait, « ne va pas si mal que ça », tandis que Gordon Brown, en Grande-Bretagne, annonce une baisse de 2,5 points pour encourager la demande. Au final, le seul aspect tangible des annonces de Bruxelles, c’est la possibilité de mettre entre parenthèses les contraintes du Pacte de stabilité pendant deux ans.

Les économistes autorisés expliquent à quel point il faut des mesures temporaires, qui n’engagent surtout pas une logique de long terme, notamment une politique de grands travaux, comme si la reprise de la croissance pouvait être l’effet d’un miracle. Mais les effets de posture idéologique rencontrent ici les limites des politiques des États eux-mêmes : quel État a aujourd’hui les moyens d’investir des richesses réelles dans l’économie réelle ? Il faudrait, pour cela, adopter une politique anticapitaliste, contrôler et taxer les mouvements de capitaux, nationaliser le système de crédit, interdire les licenciements...

Aujourd’hui, nul ne peut dire quelle sera l’ampleur des bouleversements politiques produits par la crise. Jacques Attali, ancien conseiller de Mitterrand, se fait prophète à ses heures. Le 25 novembre, il confie à l’Express une vision fort sombre de l’avenir, constatant d’ailleurs en creux la faillite du système qu’il défend. Cependant, outre que le principal danger de l’heure semble être, dans une curieuse interprétation de l’histoire, la remise en place de « caricatures de socialisme, c’est-à-dire des États totalitaires empruntant à la social-démocratie ses idées économiques », c’est l’indigence des mesures qu’il propose qui laisse pantois. Il s’agit de mettre sur pied un programme commun des partis socialistes pour les européennes, avec en ligne de mire un fonds souverain européen capable de régler la crise dans le cadre du système...

Plus que jamais, à la crise du capitalisme et aux mesures prises par les bourgeoisies pour sauver le système, c’est une autre logique qu’il faut opposer et imposer, un plan de sauvetage des salariés, par les salariés, sous leur contrôle et qui réponde à leurs besoins.

Article publié dans Rouge n°2277 le 04/12/08
 
Imposons leur un plan d’urgence Imprimer Envoyer
Vendredi, 31 Octobre 2008 18:59

Sarkozy n’a qu’une volonté : sauver et renforcer le capitalisme. Les propositions avancées depuis le début de la crise, que ce soit à Toulon, en Haute-Savoie ou dans les Ardennes, ne dérogent en rien à la politique libérale : travailler plus et plus longtemps ; diminuer massivement le nombre de fonctionnaires, faire de nouveaux cadeaux fiscaux au patronat et aux plus riches, en supprimant la taxe professionnelle, en développant les contrats aidés ou en créant de nouvelles niches fiscales. Mais aussi en accélérant la privatisation de la santé et celle de La Poste… Bref, pendant la crise rien ne change !

La première préoccupation du gouvernement Sarkozy, pour prétendument limiter la casse, est de sauver les banques en y injectant de l’argent public, et de soutenir l’économie, avec comme mesure phare la création d’un « fonds public d’intervention » pour les entreprises en difficulté. Cette aide apportera des fonds propres supplémentaires aux entreprises petites et moyennes qui en ont besoin, au même titre que du crédit par les banques. Il sera géré par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), « sous la surveillance du Parlement ». Il bénéficiera également des ressources propres de la CDC, complétées par des ressources publiques ou privées, sans autre précision.

Après la sauvegarde des banques et des entreprises, le troisième volet du plan anticrise était très attendu, puisqu’il concerne l’emploi. Face à la remontée du chômage et des licenciements – comme dans l’automobile ou encore la vente par correspondance –, le gouvernement ne pouvait plus rester muet sur la préoccupation majeure de la population. Là encore, rien de nouveau : toujours plus de précarité, en favorisant l’emploi des contrats à durée déterminé (CDD) sans limite pour les petites entreprises ; développement des contrats aidés (autrement dit, financés par l’État)… Bref, toujours la même recette, qui date de plus de 25 ans et qui n’a pas permis, loin de là, de stopper le chômage et les licenciements.

Toutes les mesures prises par les gouvernements occidentaux ne visent pas à changer les règles qui ont mené à la crise actuelle : elles cherchent essentiellement à remettre de l’huile dans les rouages des banques pour « restaurer la confiance » et permettre que les affaires reprennent. À aucun moment, ils n’ont remis en cause l’exigence de la profitabilité maximale, la libre circulation des actions de Bourse et tous les mécanismes qui amplifient les phénomènes de Bourse. Leur crise révèle les montants astronomiques d’argent accumulés par les capitalistes et mobilisés en permanence pour la recherche du profit maximum. Dans ces sommes, il faut aussi inclure les profits réalisés sur les crédits souscrits par les salariés, la mainmise des banques sur tous les systèmes d’assurance sociale et de retraite, qui mettent à leur disposition des sommes servant autrefois de base à la redistribution sociale. Ces sommes colossales ont été détournées de la redistribution salariale.

Il est urgent que l’ensemble de la gauche politique et sociale défende un plan d’urgence sociale qui demanderait la nationalisation de l’ensemble du système bancaire et d’assurance, la mise sur pied d’un service public bancaire et d’assurance, une répartition immédiate des richesses au profit des salariés (en augmentant de 300 euros net tous les salaires, revenus et pensions, aucun revenu et salaire ne devant être inférieur à 1 500 euros net ), l’instauration de l’échelle mobile des salaires et des revenus. Mais cela exigera aussi le refus de tout licenciement collectif ou individuel, et le CDI comme norme de contrat. L’urgence actuelle est encore d’essayer de faire converger toutes les luttes contre les licenciements et, pourquoi pas, d’appeler à une manifestation contre les licenciements, comme cela a été le cas en 2001. Face à la crise, nous proposons que la société arrête de subir l’économie de marché, qu’elle change, de façon radicale, le mode de développement économique et social actuel, et qu’elle s’attelle enfin à la construction d’une autre société que la société capitaliste. C’est urgent, mais c’est possible !

Article publié dans Rouge n°2272 le 30/10/08
 
Appel à la population de l'agglomération havraise, Tous concernés ! Imprimer Envoyer
Lundi, 27 Octobre 2008 14:10

Nos emplois sont menacés !

Après les Services Publics, l'Education Nationale, le Port Autonome et de nombreuses autres entreprises, Renault Sandouville et les sous-trainant sont menacés par des suppressions de postes et des licenciements. Ce sont plus de 1 150 emplois qui sont directement visés et plus de 4 000 autres qui disparaîtraient dans les entreprises sous traitantes ! C'est la vie et le quotidien d'autant de familles et de tous leurs proches qui sont ébranlés, c'est toute notre région qui trinque encore ! Ces annonces arrivent après la fermeture de Millenium !
Trouver 360 milliards d'euros d'argent public en France et 1 700 Milliards en Europe pour "sauver" les spéculateurs, distribuer des dividendes (1,8Mds d'euros pour les actionnaires de Renault) et jeter les salariés à la rue... C'est inadmissible !
Malgré la crise économique qui démontre les impasses du système, le gouvernement Sarkozy, Rufenacht, le Medef et ses représentants locaux préfèrent persister encore à faire plonger l'éducation, la santé et la Poste dans la course à la rentabilité et au profit, au mépris des intérêts des usagers et de la population ! Oui, on peut en trouver des milliards pour sauver l'emploi et développer les services publics !

La crise, c'est celle de notre pouvoir d'achat !

Actifs, retraités, étudiants, précaires, chômeurs commerçants, agriculteurs, tous subissent les baisses du pouvoir d'achat, victimes des choix de la finance. 10 millions de français vivent en dessous du seuil de pauvreté. Pendant ce temps-là les profits du CAC40 sont passé de 66,2 miliard d'euros en 2004 à 96,2 milliard en 2007. Le paquet fiscal de 15 milliards a été accordé aux plus riches. Les grands patrons licencieurs s'accordent des parachutes dorés. La vie est de plus en plus chère. La consommation diminue entraînant la baisse de la croissance. Il est urgent pour tous d'imposer un inversement de cette logique.

La santé n'est pas une marchandise !

Le droit de se soigner est un droit fondamental comme celui de travailler, de se nourrir, de s'éduquer: 800 emplois en moins sur l'hôpital, c'est la casse de l'Hôpital Public par son affaiblissement, c'est la mise en cause de l'accès aux soins pour tous. Les attaques successives contre les malades font qu'aujourd'hui 33% des français se privent de soins.

Le monde du travail doit passer à l'offensive !

Cette politique et les dégâts qui l'accompagne se sont pas une fatalité. Il nous appartient de refuser les licenciements, de défendre l'emploi, le pouvoir d'achat, les Services Publics, la santé, au moyen d'une autre répartition des richesses. C'est ainsi que nous imposerons à l'Etat et au patronat de prendre la mesure de la situation locale et d'envisager rapidement des initiatives créatrices d'emplois qui permettent aux habitants de la région de vivre et de travailler dans notre agglomération.

Cela commence aujourd'hui par la mobilisation, dans l'unité, pour ce faire, les associations, syndicats, partis politiques signataires: décident de se mobiliser ensemble aux côtés des salariés des entreprises concernées, privées comme publiques, pour refuser les licenciements et les suppressions de postes, décident dans ce cadre d'initiatives d'échages, de débats et d'actions pour imposer d'autres choix.

Pour l'heure, elles appellent les salariés actifs, retraités, privé d'emploi, étudiants et toute la population à une grande manifestation

samedi 8 novembre à 15h à Franklin (cours de la République)

Premiers signataires: PCF, MRC, LCR, CGT, PRG, ATTAC, Solidaires, NPA, CFDT, PS, LDH, FSU, Collectif sauvons la santé.

Télécharger le tract et l'affiche

 
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